Conférence de Copenhague sur le Climat - Aline Trede, correspondante pour l’ATE

Du 7 au 18 décembre 2009 s'est tenu à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le Climat. Face à la catastrophe climatique qui se profile, les organisations environnementales exigeaient une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre. Chargée de campagne, Aline Trede a donné ses impressions.

Pas comme ça ! - 21 décembre 2009

La déception qui fait suite au Sommet sur le Climat de Copenhague est grande. Les leaders politiques n’ont pas saisi l’occasion d’agir. Parfois, j’ai presque l’impression qu’au cours de l’évolution, l’Homme a perdu sa faculté à prendre soin de son espace vital.

Les Merkel, Sarkozy et autres Obama n’ont pas encore compris qu’ils auraient pu écrire l’histoire. A présent, cette gigantesque conférence se meurt dans la lignée des précédentes.

Le seul accord conclu à Copenhague mentionne: « pas de réchauffement supérieur à deux degrés par rapport à la période préindustrielle ». Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Et où sont les engagements contraignants ? Pour moi, cette Conférence a soulevé plus de questions qu’elle n’en a réglées. C’est pourquoi j’estime que c’est un échec.

En Suisse, nous devons persister. Nous devons nous unir, continuer à nous battre et espérer que les décisions globales, d’une façon ou d’une autre, finissent par être influencées positivement.

Ceci était mon dernier commentaire sur le Sommet de Copenhague. Je remercie les lectrices et les lecteurs qui m’ont suivie durant cette quinzaine. J’espère à tout bientôt sur le site Web de l’ATE !

Un aller plus simple que le retour - 18 décembre 2009

Amusant et intéressant, tel a été le voyage à bord du « Klima-Express », à destination de Copenhague. Nous y avons croisé plusieurs nouveaux visages, d’innombrables discussions ont eu lieu et un bon repas nous a été servi.

Last but not least, le plus grand drapeau suisse au monde nous a accompagnés dans le premier wagon. Celui-ci était si impressionnant que nous avons dormi en sa compagnie, dans le même compartiment couchettes…

A notre arrivée à Copenhague, une certaine confusion régnait : la police danoise peinait à comprendre pourquoi le ministre suisse de l’environnement – Moritz Leuenberger – emmenait dans ses bagages un drapeau de 40 mètres sur 40. Mais après avoir expliqué que nous étions activistes et que nous souhaitions déployer le drapeau sur le sol du Bella-Center, les policiers se sont montrés très enthousiastes.

C’est ainsi que notre drapeau traversa la gare centrale de Copenhague : porté par vingt personnes et sous la protection de six policiers. Transporté par fourgon jusqu’au Bella Center, le drapeau fut ensuite déplié malgré un fort vent froid. Des râteliers pour vélo ont permis de le fixer de façon optimale. Si, à un moment, j’ai pensé que le vent allait avoir raison de notre projet, finalement, tout s’est bien déroulé. Un grand merci aux nombreuses personnes du WWF, de Greenpeace, de l’ATE, du PS, des Verts, de Myclimate, de Pain pour le prochain et de l’Action de Carême pour leur précieuse aide !

Le chemin du retour se révéla par contre plus compliqué, d’une part parce que les contrôles de police se sont intensifiés vers le soir, d’autre part parce que les cortèges de manifestants bloquaient les routes. Nous sommes heureusement parvenus à la gare sans anicroche. Comme aucun train n’était en vue, le drapeau servit de décoration de Noël au pied du grand sapin monté pour l’occasion.

Quand le train entra en gare, le drapeau était à nouveau arrimé et prêt à rentrer au pays. Si cette journée se révéla très éprouvante, elle fut également un grand succès pour nous autres activistes. 

Le succès se résuma malheureusement à nous seuls. Car à l’intérieur du Bella-Center, malgré des négociations jusqu’à tard dans la nuit, aucun accord ne fut trouvé.

L’arrivée des chefs d’Etats et des ministres - 16 décembre 2009

Une délégation importante de l’ATE Association transports et environnement voyage ce soir dans le train spécial des CFF avec le conseiller fédéral Moritz Leuenberger pour se rendre au Sommet sur le Climat de l’ONU à Copenhague. Pour l’ATE, la présidente Franziska Teuscher, le directeur Peter Saxenhofer, le membre du comité central Roger Nordmann, le stagiaire Daniel Bähler et moi-même sommes du voyage.
 
Entre mercredi et jeudi, les ministres des autres pays au cœur des négociations voyagent également en direction de Copenhague. En effet, il s’agit maintenant de passer à l’action. Une protection efficace du climat ne pourra avoir lieu que si les chefs d’Etats et les ministres du monde entier signent un accord contraignant dans les jours à venir.
 
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a lancé mardi un dernier appel aux représentantes et représentants des pays de cette Terre. Il a réclamé qu’un compromis soit trouvé, même si tout le monde n’est pas du même avis, pour que notre planète puisse envisager l’avenir sereinement.
 
Personnellement, je crois que beaucoup de chefs d’Etats ne sont pas encore complètement conscients de leur responsabilité. Ils ont maintenant la possibilité d’écrire l’Histoire, de faire un virage clair vers une meilleure politique climatique. Au lieu de cela, les chefs d’Etats attendent de voir ce que font les autres. Exactement selon la devise : «Ca peut encore durer longtemps avant que ça aille mal…»
 
Au lieu d’agir, les grands de ce monde préfèrent se quereller. C’est allé si loin que Connie Hedegaard, présidente de la Conférence jusque-là, a transmis son titre au premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen. Tout simplement enfantin au vu de l’importance de la Conférence. Et ce n’est pas vraiment bon signe si près de la fin des négociations.
 
C’est ainsi que va avoir lieu une dernière action à Copenhague, afin de garder la pression sur les chefs d’Etats. Plus de nouvelles sur l’action du drapeau de l’Alliance climatique à Copenhague vous seront communiquées dans les deux prochains jours. A bientôt – avec je l’espère de bonnes nouvelles !

La plus belle manif’ de ma vie - 15 décembre 2009

Je crois n’avoir jamais vu une telle foule que lors de la manifestation de samedi passé à Copenhague. C’était tout simplement grandiose ! De nombreuses personnes déguisées, des visages réjouis, une super ambiance – tous les ingrédients étaient réunis pour une politique climatique d’avenir. Après plus de 6km de marche jusqu’au Bella-Center – lieu de séjour des délégations participant à la Conférence sur le Climat – nous étions épuisés. L’habitude de défiler à faible allure, munis de panneaux, nous a manqué.

Le samedi matin, avant de prendre part au cortège, je me suis jointe à l’organisation environnementale « Friends of the Earth ». Tous les participants étaient vêtus de bleu et imitaient une gigantesque vague. L’impression visuelle était époustouflante. Comme emportés par cette marée humaine, nous nous rendîmes au point de rassemblement en un temps record. Le temps d’enfiler de nouveaux vêtements et nous étions prêts à affronter la longue route devant nous.  

Mon seul regret : les médias se sont contentés de rapporter l’arrestation de 400 manifestantes et manifestants. L’image du cortège en a souffert… comme s’il s’était déroulé dans des circonstances chaotiques…

Pour nous autres participants, cet incident était vraiment insignifiant. Le dimanche matin, à la lecture des journaux, notre seul réflexe a été de hocher la tête avec incrédulité. 100'000 personnes ont manifesté en paix, presque artistiquement, et les médias se focalisent sur les actes de groupuscules extrémistes ?

C’est vraiment dommage, car cette manifestation était un vrai plaidoyer auprès des leaders politiques, pour qu’ils passent de la parole aux actes et se décident, enfin, à mettre en œuvre une vraie politique de protection du climat. « Bla, bla, bla – Il est temps d’agir ! »

Mercredi soir, je refais mes valises pour Copenhague. Je prends le train mis sur rails pour l’occasion, en compagnie de différents responsables de l’ATE et d’autres organisations environnementales. Le Ministre de l’Environnement, Moritz Leuenberger, devrait aussi être à bord. Le Sommet sur le Climat entre dans sa phase décisive. Il ne reste plus que quatre jours pour s’entendre sur des objectifs contraignants.

Le ton monte - 10 décembre 2009

Selon les derniers échos, les négociations se révèlent de plus en plus tendues au Sommet des Nations Unies. L’optimisme et la sérénité qui prévalaient depuis lundi se sont largement dissipés.

Un conflit se dessine à Copenhague, entre pays industrialisés, d’une part, et pays en développement et émergents, d’autre part. Ces derniers se refusent à endosser la responsabilité du changement climatique, qui est avant tout le fait des pays industrialisés. En outre, ces Etats insistent sur leur droit légitime à se développer industriellement. A leur sens, ce droit serait mis en péril si des mesures contre le réchauffement climatique devaient être prises.

Pour ma part, je suis convaincue qu’un développement respectueux de l’environnement est possible pour les pays du Sud. Et j’espère que les pays émergents ne répéteront pas les erreurs commises par les pays industrialisés au 19e siècle. Mais nous aussi, Etats riches, devons nous montrer responsables. Nous ne pouvons nous permettre d’importer dans ces pays des technologies obsolètes et fermer les yeux sur les conséquences qui en découlent. Voilà pourquoi il est nécessaire que les pays industrialisés concèdent aux pays plus pauvres des moyens financiers pour un développement durable.

L’objectif climatique – soit un réchauffement inférieur à 2 degrés par rapport à la période préindustrielle – est un but que nous devons atteindre ensemble. S’il devait ne pas l’être, la planète entière en subira les conséquences. Certes, quelques régions du globe seraient moins touchées que d’autres par un réchauffement supérieur à deux degrés, mais la problématique reste la même : les répercussions sociales et écologiques du changement climatique ne s’arrêtent pas à la frontière d’un pays ou d’un continent. Le changement climatique est l’affaire de tous.

Il est par conséquent absurde que pays du Nord et pays du Sud se rejettent mutuellement la responsabilité. Ceux-ci doivent s’asseoir ensemble autour d’une table et trouver une solution qui soit à la fois responsable, efficace et équitable.

Ce jeudi soir, je prends le train pour Copenhague. Car samedi, je participe à la grande manifestation organisée au cœur de la capitale. La rue, elle au moins, doit rester unie derrière la protection du climat.

Des nouvelles réjouissantes des Etats-Unis - 8 décembre 2009

Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, récit d’une première journée de négociations. Ce lundi 7 septembre a avant tout permis aux premiers ministres et chefs d’Etats présents de prononcer des discours engagés.

L’émotion était au rendez-vous lors des témoignages des pays émergents et en développement, principales victimes du changement climatique. La journée d’ouverture a donc servi de tribune à ces Etats payant le plus lourd tribu au réchauffement global.

Les pays en développement attendent du Sommet de Copenhague un accord qui règle la question du financement des mesures de protection du climat. Parce que les pays les plus pauvres sont ceux où l’argent manque pour investir dans les énergies renouvelables, l’association Oxfam a invité ce lundi les pays riches à créer un fonds additionnel, destiné à cet usage. Selon Oxfam, 200 milliards de dollars devraient être injectés chaque année dans ce fonds. Le succès de la Conférence dépendrait étroitement de la création d’un tel fonds.

Par ailleurs, une nouvelle réjouissante est venue mardi matin des Etats-Unis. L’agence fédérale américaine pour la protection de l’environnement a en effet officiellement déclaré que les gaz à effet de serre sont une menace pour la santé publique. Cette prise de position donne plus de pouvoir au président Barack Obama pour cibler des objectifs climatiques. Il ne lui reste plus qu’à agir…

C’est parti ! - 7 décembre 2009

Le Sommet sur le Climat vient de s’ouvrir à Copenhague pour 12 jours. Les délégations de 192 Etats s’y retrouvent afin de négocier un nouvel accord climatique, censé succéder au Protocole de Kyoto dont l’échéance est fixée à 2012.

Deux questions seront portées à l’avant-scène du débat : Dans quelle mesure doit-on réduire les émissions de gaz à effet de serre, principaux responsables du réchauffement climatique ? Et par quels moyens cet objectif peut-il être atteint ?

Plusieurs chefs de gouvernements se sont invités à la clôture de la Conférence, le 18 décembre. Même Barack Obama a finalement annoncé son intention d’y prendre part. Cette décision suscite de nouveaux espoirs et vient relancer les chances d’un accord global contraignant. Suite à l’engagement du président américain, le chef du gouvernement indien a lui aussi confirmé sa participation. Il est attendu à Copenhague aux alentours du 17 décembre.

En marge du Sommet, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a insisté sur la nécessité d’un accord contraignant. Le 27 novembre à Berne, le ministre de l’environnement déclara devant les médias : « L’accord climatique de Copenhague doit faire en sorte que la hausse de la température moyenne de la planète ne dépasse pas le seuil critique des 2°C par rapport à l’ère de la première révolution industrielle ».  

Je suis moi aussi de cet avis. «Tout ou rien !»

Avant le départ - 3 décembre 2009

L’enthousiasme pour la Conférence sur le Climat diminue de plus en plus. Voici encore une année, Copenhague était au centre de l’attention et les attentes étaient grandes. Aujourd’hui, quand je prends connaissance du mandat de négociation adopté par le Conseil Fédéral - tel qu’il est communiqué par l’Office fédéral de l’environnement OFEV - je dois vous dire que je ne saute pas de joie.

Dans son communiqué, l’OFEV fait état d’«une volonté marquée pour un accord global contraignant». A cela je ne peux que rétorquer : Par pitié, prenez vous aussi des engagements ! La délégation helvétique ne peut simplement pas se permettre d’entrer dans la négociation avec des propositions sans consistance et se réfugier derrière l’argument : «nous voulions, mais nous n’avons pas pu». 

Au lieu de se référer systématiquement aux autres pays, la Suisse pourrait très bien jouer un rôle pionnier à Copenhague. Car si les informations circulant en marge du Sommet ne sont guère réjouissantes, ce dernier demeure bien trop important pour baisser pavillon dès à présent.

Ce carnet de commentaires est traduit de l'allemand. Pour consulter la version originale, veuillez cliquer ici.

La Campagne

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