Personnes âgées: pas dangereuses, en danger!

Accidents liés à la mobilité

Evolution démographique oblige, la proportion des aînés (65+) augmentera de 50% ces 30 prochaines années. Qu'en est-il des accidents liés à la mobilité?

En 2007, 752 personnes âgées ont perdu la vie ou étaient grièvement blessées sur les routes de Suisse, dont 41% comme piétons et 18% comme cyclistes.

Comparée à l'ensemble des accidents de la circulation, l'incidence des accidents des aînés en tant que piétons est particulièrement marquée: en 2007, 51% des piétons tués en Suisse avaient plus de 65 ans.

Les piétons constituent le seul groupe d'acteurs de la circulation dans lequel le nombre absolu d'accidents graves augmente avec l'âge, jusqu'à un âge de 80 à 84 ans. Parallèlement à cette évolution, les déplacements à pied deviennent, avec l'âge, la forme de mobilité majeure.

Le nombre d'accidents graves chez les piétons augmente continuellement avec les catégories d'âge à partir de 60 ans et atteint son pic avec le groupe des 80 à 84 ans. Comparé au groupe des 40 à 64 ans, le groupe des 75 à 79 ans présente un risque quatre fois plus élevé de blessures graves ou mortelles et celui des 80 ans et plus un risque huit fois plus élevé (et même vingt fois plus élevé par km parcouru).

Les accidents où le piéton est heurté en traversant la chaussée par un véhicule empruntant une trajectoire rectiligne dominent nettement. Près de la moitié des aînés grièvement blessés se trouvaient sur un passage piétons. Plus grave, 70% des personnes tuées sur les passages piétons ont plus de 65 ans.

 

Accidents de personnes âgées selon le mode de déplacement. (OFS, 2007)

L'aîné est rarement fautif

Seul un accident sur six est dû uniquement à la faute d'un piéton aîné. La faute la plus fréquente commise par les aînés est due au manque de prudence en traversant la chaussée. Dans 72% des accidents graves impliquant des piétons âgés, l'automobiliste est seul fautif.

Jusqu'ici, le travail de sécurité routière s'adressant aux personnes âgées se concentrait souvent sur les aînés en tant qu'automobilistes, la prise en compte de la personne âgée comme piéton est indispensable. On peut s'attendre à ce que cela produise non seulement des effets positifs sur la sécurité des déplacements des personnes âgées , mais soit également une contribution à la préservation de leur mobilité individuelle et de leur intégration sociale qui en dépend dans une large mesure, toutes deux souhaitables d'un point de vue de santé publique. C'est l'objectif de la démarche décrite dans le bulletin "Rue de l'Avenir. Défi d'un espace public sécurisé: intégrer les besoins des aînés et des handicapés"

A l'avenir, la question de la sécurité des aînés sur la voie publique revêtira encore davantage d'importance, conclut l'auteur de l'enquête (Michael Rytz: les seniors et la sécurité routière, ATE Berne, 2006) qui préconise l'approfondissement des études sur la genèse des accidents, les risques inhérents aux comportements normaux, les effets réducteurs de mobilité liés à l'insécurité face à la circulation, la coordination de tous les acteurs de la prévention.

 

Proportion de piétons de plus de 65 ans tués en 2007 (OFS, 2007)

Accidentologie des aînés en France

Les chiffres confirment l'étude de l'ATE. En effet, en 2007 on a dénombré chez les aînés 884 tués et 8'325 blessés. Ils sont moins souvent victimes d'accidents de la circulation, mais leurs conséquences sont plus souvent mortelles (vulnérabilité aux chocs et blessures). Alors qu'ils ne représentent que 16% de la population, les aînés comptaient pour 52%  des piétons tués et 30% des cyclistes tués. Les conducteurs âgés ne provoquent pas plus d'accidents que la moyenne des automobilistes. Ils compensent la baisse des capacités en roulant moins vite et en évitant de conduire dans des conditions difficiles. Au-delà de 75 ans, on observe cependant une progression du risque par km parcouru. (Source: Prévention routière)