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Stop a la folie autoroutiere
Pascale Amez

«Transport ’45» aborde pour la première fois le développement du rail, de la route et des agglomérations de manière globale. Le projet est vaste et comprend 14 arrêtés fédéraux en tout. L’ATE salue le fait que les différents modes de transport soient traités ensemble. Autre point positif: l’augmentation des capacités ferroviaires est prioritaire et non la réduction du temps de trajet. En effet, une offre accrue de places assises et une cadence éventuellement plus élevée contribuent davantage au transfert vers le rail qu’un gain de temps de quelques minutes.

Mais il est aussi prévu de développer les autoroutes. Tandis que l’étape d’aménagement 2027 ne comprend «que» deux projets dans ce domaine, l’horizon de réalisation 2045 en compte pas moins de huit! Cette date lointaine ne doit pas nous leurrer: dès que les projets auront atteint le niveau de planification nécessaire et que les moyens financiers seront disponibles dans le fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), le Conseil fédéral demandera leur intégration à l’étape d’aménagement 2031.

Augmentation du trafic

Dans le canton de Genève, une étape supplémentaire d’un projet d’aménagement de grande envergure doit être réalisée avec l’extension à six pistes entre Perly et Bernex. Le chantier est très coûteux et la rentabilité calculée par la Confédération est proche de zéro.

En Argovie, la réalisation du tronçon Aarau-Ost–Birrfeld occupera temporairement 27 hectares de terres cultivables, dont 12 définitivement; sur ce nombre plus de 5 hectares sont de précieuses surfaces d’assolement. Ces deux exemples montrent que le Conseil fédéral ignore les préoccupations de la population, que la sempiternelle disparition de terres cultivables inquiète beaucoup.

Planification sur des bases obsolètes

Le récent rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) consacré à «Transport ’45» est critique et montre également qu’il est nécessaire d’agir: selon l’analyse du CDF, les coûts climatiques sont nettement sous-estimés dans les calculs de rentabilité du gouvernement. Alors qu’à l’Office fédéral des routes (OFROU), une tonne de CO2 coûte 164 francs, l’Office fédéral du développement territorial (ARE) calcule depuis longtemps avec un prix de 450 francs. Le CDF en déduit que le bénéfice de l’aménagement des autoroutes est surestimé et que les coûts sont plus élevés que ce qu’affirme le Conseil fédéral. L’ATE demande que les évaluations soient actualisées et que l’on renonce aux projets qui ne sont pas justifiés sur le plan démocratique et du point de vue de la politique des transports, du climat et des finances.

Un engagement source d’espoir

Dans l’avis fondé et détaillé que nous avons rendu dans le cadre de la consultation sur le projet «Transport ’45», nous proposons plusieurs améliorations et rejetons bien sûr fermement les projets d’extension des autoroutes.

En outre, répondant à notre appel, plus de 1500 personnes ont annoncé vouloir participer à la consultation pour exprimer leur refus des nouveaux projets autoroutiers. Nous avons organisé six ateliers dans six régions différentes pour les informer en détail et les aider à rédiger leur propre prise de position. Voir autant de personnes s’opposer à la ligne suivie par Albert Rösti et le déclarer haut et fort est une source d’espoir.

Faire un don contre l’extension des autoroutes