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Teaser Table ronde AG 2026 Cohabitation rond petit

Table ronde publique – L'espace public se partage, mais comment?

Plus de 60 personnes étaient présentes pour participer à la discussion ouverte organisée par l'ATE Vaud sur une question complexe mais centrale : l’espace public se partage, mais comment?

L'espace public est de plus en plus sollicité. Il doit aujourd’hui accueillir davantage d’usages, plus diversifiés, dans un espace qui, lui, n’est pas extensible. Piéton.nes, vélos, transports publics, voitures, livraisons, lieux de séjour et de rencontre ou encore végétalisation se côtoient et se superposent parfois sur les mêmes surfaces. Les enjeux de cohabitation deviennent plus visibles et les arbitrages plus sensibles. Cette pression ne tient pas simplement à une augmentation du nombre d’usages. Elle révèle des mobilités qui changent et des besoins qui évoluent, parfois plus rapidement que nos infrastructures, nos règles et nos processus.

Nous avons eu le plaisir d'échanger sur ces enjeux, en présence de :

  • Mme Anne-Catherine Lyon, Présidente de l’AVIVO Lausanne
  • Mme Patricia Solioz Mathys, Directrice des transports publics lausannois
  • M. Benoît Biéler, Directeur du Bureau Stratégie et développement de l'Ouest lausannois
  • M. Yann Roth, Président de Pro Velo Lausanne

Une discussion ouverte pour croiser les regards, sortir des oppositions simplistes et explorer des solutions concrètes.

 

Quelques messages à retenir

  • Dans l’espace public, chaque mètre est un arbitrage. Les choix et les priorités doivent être davantage assumés et rendus plus lisibles.
  • Un espace public est réussi lorsque les personnes les plus vulnérables peuvent s’y déplacer de manière autonome et sans peur : piéton.es, cyclistes, enfants, personnes âgées et personnes à mobilité réduite doivent bénéficier de plus d'attention dans les projets. 
  • Les conflits entre usagers masquent encore trop souvent des défauts d’aménagement, d’exploitation ou de planification : carrefours complexes, discontinuités, vitesses inadaptées, détours, manque de lisibilité, règles peu claires etc.
  • La séparation des modes reste souhaitable, mais elle n’est ni possible ni nécessaire partout.
  • Les quartiers constituent un terrain privilégié pour tester des changements rapides.
  • Les transports publics sont à la fois une solution et une contrainte : ils permettent une utilisation beaucoup plus efficace de l'espace, mais leur attractivité nécessite des priorités claires dans le réseau routier.
  • Des « quick wins » existent, mais ils demandent davantage d’écoute du terrain, d’ouverture et de souplesse dans les règles et les procédures.
  • Le consensus suisse protège, mais il ralentit aussi. Les projets gagneraient à mieux intégrer les acteurs concernés (associations, riverains, etc.) le plus en amont possible.
  • Enfin, nous avons besoin de sortir des oppositions simplistes, au profit d’un dialogue plus transparent et davantage orienté vers la recherche de solutions concrètes.

 

Un rééquilibrage est nécessaire

Les échanges ont été très riches, et ont fait ressortir un constat commun : il ne s’agit pas d’opposer les modes de déplacement, mais de mieux organiser leur cohabitation et d’assumer les arbitrages qu’elle implique.

Cela suppose un rééquilibrage de l’espace public, pour davantage de sécurité, d’autonomie et de justice dans la répartition de l’espace. Cela suppose aussi de reconnaître collectivement que la voiture ne peut plus rester la référence implicite autour de laquelle s’organise l’aménagement urbain.

 Face à des mobilités qui se diversifient et à des usages qui évoluent, rééquilibrer l’espace public relève du bon sens collectif : c’est une question de sécurité et d'efficience, mais aussi de justice spatiale. 

Sara El Kabiri, secrétaire générale
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